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ATTENTION Stationnement soit sur place soit place Winston Churchil

SAMEDI 22 SEPTEMBRE 2018

PROCHAINE REUNION TRIMESTRIELLE

AU CONSEIL DEPARTEMENTAL
A 14HEURES
11 rue François Chénieux à LIMOGES/Entrée,rue Montmailler

VIDE DRESSING au CONSEIL DEPARTEMENTAL A PARTIR DE 11h15 JUSQU'À 17h

MARCHE EXCEPTIONNELLE DU 9 SEPTEMBRE A 9H00.
Circuit de 4,5 Kms ( Possibilité , pour ceux qui ne veulent pas faire les 4,5 Kms, de prendre un raccourci pour faire un trajet moitié moins long.)
Rendez vous au niveau du restaurant « Le Bistrot des Quais » , 16 Rue du Port du Naveix, 87000 Limoges
(stationnement facile) pour une marche en bord de Vienne ! Opéré(e) ou non, adhérent(e) ou non

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DR SODJI

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    ::OBESITE-87:: Index du Forum -> GROUPE DE PAROLE LE PREMIER JUIN 2018 /DE RETOUR DE CONGRÈS:encore et encore sur le COUPLE
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Dr_Sodji
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MessagePosté le: Lun Mai 28, 2018 8:40 pm    Sujet du message: DR SODJI Répondre en citant

Bonjour

DE RETOUR DU CONGRÈS DE LA SOFFCOMM DE NANCY QUI A EU LIEU LA SEMAINE,JE VOUS AI REPRÉSENTÉ EN PARLANT DE L’AMAIGRISSEMENT DANS LE COUPLE.
CE THÈME A ÉTONNÉ MES COLLÈGUES.PASSÉ L’ÉTONNEMENT ,LES RETOURS ONT ÉTÉ POSITIFS.
J’AI ÉTÉ MÊME SOLLICITÉ POUR MENER UNE ENQUÊTE SUR PLUSIEURS CENTRES.
AUSSITÔT DIT,AUSSITÔT FAIT.JE VOUS PRÉSENTERAI MA PRÉSENTATION ET L’ENQU VENDREDI LE PREMIER JUIN 2018.
À VENDREDI

CONGRÈS ANNUEL SOFFCO.MM, NANCY


du 24 au 26 mai 2018 à Nancy.

Centre de Congrès Prouvé

Salle 201
PROGRAMME SCIENTIFIQUE 16h50 // CO-47
Intérêt du Mini-bypass dans le traitement du Diabète de type 2 : analyse rétrospec- tive sur 440 cas.
A. Soprani
17h00 // CO-38
Rechute long-terme du diabète de type 2 après chirurgie bariatrique : prédiction et implication clinique.
J. Aron-Wisnewsky (Paris)
17h10 // CO-60
Cinétique de perte de poids et carence nutritionnelle chez la femme enceinte après court-circuit gastrique.
D. Quilliot (Nancy)
17h20 // CO-43
Anneau Gastrique, Sleeve gastrectomy et Gastric Bypass en préparation à la greffe rénale.
G. Longo (Lille)
17h30 // CO-51
Retentissement osseux de la chirurgie bariatrique à long terme : gastric bypass vs sleeve gastrectomy.
C. Gronnier (Bordeaux)
17h40 // CO-21 L’amaigrissement en Couple.
M. Sodji (Limoges)
17h50 // CO-48
Mise en place d’un protocole ERAS® en chirurgie bariatrique : résultats prospec- tifs de la mise en place dans un centre de référence.
C. Gronnier (Bordeaux)
Communications libres :
Multidisciplinaire (CL2)
Président : M. Robert (Lyon) Modérateurs : MA. Sirveaux (Nancy) et P. Keller (Colmar)
16h00 // CO-42
Etude des antécédents psychiatriques et pro ls psychopathologiques chez 704 patients candidats à une chirurgie bariatrique.
E. Rivkine (Martinique)
16h10 // CO-44
Activité physique et obésité : pro l des épreuves d’effort cardio respiratoires (EFX) des sujets obèses et implications dans la préparation à la chirurgie.
N. Oukhouya Daoud (Lille)
16h20 // CO-56
Observance et raisons de l’inobservance à la supplémentation vitaminique chez des patients opérés d’une chirurgie bariatrique J. Skorupinski (Lille)
16h30 // CO-20
Les carences en vitamines et minéraux après une Sleeve Gastrectomy : les résul- tats à 4 ans d’un essai clinique comparatif et randomisé.
E. Aarts (Pays-Bas)
16h40 // CO-52
Résultats de la chirurgie bariatrique chez le diabètique de type 2 sous pompe à insu- line. A propos de 7 cas.
N. Laguerre (Metz)
_________________
Dr Maxime Sodji
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ANOUK



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Messages: 59

MessagePosté le: Mar Mai 29, 2018 6:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir Docteur,
Hâte de découvrir votre présentation et mille mercis pour votre investissement au quotidien à notre égard.
Very Happy Very Happy
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Dr_Sodji
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Messages: 2604
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MessagePosté le: Mar Mai 29, 2018 10:54 pm    Sujet du message: DrSODJI Répondre en citant

Chirurgie de l’obésité. Une prise en charge psychologique nécessaire

La chirurgie comme dernier recours
« L’opération, c’était mon dernier recours. Ma dernière chance »
Après de nombreux régimes, cures thermales, et centres d’amincissements, la chirurgie gastrique apparaît pour Anaëlle comme la dernière solution. C’est une opération lourde. Elle reste exceptionnelle, en cas d’échec des méthodes de perte de poids classiques.
À 29 ans, Anaëlle a testé toutes sortes de régimes depuis ses 13 ans. À l’époque, sa mère lui fait faire un régime à base de soupe au chou, très tendance. “J’ai toujours été un peu ronde. À l’école, je voyais bien que j’étais différente des autres enfants, mais je crois qu’à cette période je n’y prêtais pas vraiment attention.”
“Dès mes 10 ou 11 ans, mes parents ont commencé à surveiller mon alimentation. La nourriture est devenue l’objet de frustrations pour moi.”
La petite fille commence alors à manger en cachette dans sa chambre, des bonbons, gâteaux, yaourts et sandwichs. Anaëlle prend beaucoup de poids en quelques années.
“À partir de mon adolescence, j’ai essayé tous les régimes possibles et imaginables : la monodiète (se nourrir exclusivement d’un seul aliment), la soupe au chou, les sachets de protéines et autres régimes restrictifs. Ça ne fonctionnait pas. Je perdais du poids, mais dès que j’arrêtais je reprenais tout, parfois même plus. Je faisais le yoyo. Et en plus de cela j’avais des carences.”
À l’adolescence, Anaëlle passe régulièrement ses vacances dans un centre d’amincissement pour adolescents obèses. Elle y apprend à faire des repas équilibrés, à ne pas grignoter entre les repas. Et à adopter une activité sportive. “On se soutenait les uns les autres et c’était plus facile.”

Mais dès la fin des vacances et le retour au domicile familial, les mauvaises habitudes se réinstallent.
A 22 ans, la jeune femme en a assez, elle arrête de contrôler son poids. Suite à une rupture douloureuse, la nourriture devient un réconfort.
“J’aime tout ce qui est sucré. Ça me fait me sentir bien l’espace d’un moment. J’ai l’impression de pouvoir combler un vide avec la nourriture”.
Lors de grands évènements, comme le mariage de sa soeur, Anaëlle fait ce qu’elle appelle des “régimes éclair”. Pour l’évènement, elle a perdu 20kg en 3 mois. Après le mariage, elle reprend près de 25kg. “C’est terrible psychologiquement. Et ça laisse des traces sur le corps, j’ai des vergetures partout.”
La jeune femme décide de se faire opérer.
“Pour moi, l’opération c’était le dernier recours. La dernière chance.”
Anaëlle souhaite avoir des enfants dans un futur proche.“Les médecins me disaient que ce n’était pas possible compte tenu de mon poids”. Après un long parcours médical, elle subit une “sleeve”, une opération qui consiste à retirer les 2/3 de l’estomac. Elle lui permet de se sentir rassasiée en mangeant moins. Mais elle a perdu son réconfort.

Les différents types de chirurgie bariatrique : la gastroplastie (anneau), la sleeve et le bypass.
Une chirurgie aux lourdes conséquences psychologiques
Le réconfort de la nourriture

“On m’a enlevé une partie de moi : la nourriture. On le vit comme une rupture, on pleure, on s’énerve.”
Comme Anaëlle, Emma Goergler a selon les médecins, une alimentation dite émotionnelle. Depuis le divorce de ses parents, elle se réfugie dans la nourriture pour surmonter cette épreuve. Emma fait le deuil du mariage de ses parents, mais l’habitude persiste.
“Je me sens mieux quand je mange. Ça m’apporte du plaisir.”
Selon le Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids (GROS), les problèmes psychologiques et relationnels peuvent entraîner des modifications dans la façon de manger, en qualité comme en quantité, et ceci parfois à l’insu même de la personne qui peut ne pas avoir conscience de ce changement.
À la suite de son opération, les habitudes alimentaires d’Emma sont bouleversées. Elle n’a plus de sensation de faim. “Le premier mois est très compliqué psychologiquement, on doit apprendre à se nourrir correctement alors qu’avant, je mangeais ce que je voulais, à n’importe quel moment. C’est frustrant.”
“Même si l’on a plus faim après l’opération et que l’on a moins envie de manger, je ressentais un manque. Je pense que j’étais droguée au sucre.”
Des affects anxieux peuvent apparaitre quand le patient se trouve privé de la “béquille” que représentait le comportement alimentaire explique le Dr Machaux-Tholliez, Psychologue du service du nutrition de l’Hôpital Ambroise Paré.
De la nourriture à l’alcool

On peut observer, chez certains patients, un transfert d’addiction, vers l’alcool, le tabac, le café et d’autres substances dangereuses. L’augmentation de la consommation d’alcool fait partie des conséquences potentielles de la chirurgie bariatrique.
“Plusieurs mécanismes peuvent expliquer ce phénomène, notamment l’influence de la consommation d’alcool sur le système de récompense, similaire à celle procurée par la consommation de grandes quantités de nourriture ou encore le risque d’un transfert d’addiction de la nourriture à l’alcool en lien avec une diminution de la taille de l’estomac.” écrivent les Dr Solioz, Culand, Hofmann-Pijollet et Carrard dans Nutrition Clinique et Métabolisme.

“J’étais addict à la nourriture, il fallait toujours que j’ai quelque chose à grignoter : des chips, des bonbons, etc.” raconte Luc, opéré depuis trois ans. “Après l’opération, pour me faire plaisir, je prenais un verre ou deux de vin dans la journée. Et puis j’en buvais de plus en plus.”
“ J’étais en train de devenir alcoolique. Si ma femme ne m’avait pas ouvert les yeux, j’aurais certainement sombré.”
La consommation d’alcool de Luc ralentit sa perte de poids. “En plus, je ne perdais plus de poids, j’en reprenais même un peu avec l’alcool. C’était une vraie source d’angoisse.”
C’est ce que confirme une étude publiée dans la revue médicale américaine JAMA Surgery, le 7 octobre 2015.
L’angoisse de la reprise de poids

On retrouve cette angoisse de la reprise de poids chez beaucoup de patients.
“Au début, cela passe par une pesée tous les jours pour se contrôler. Ensuite, il faut essayer de se faire confiance et d’échapper à cette spirale mais ce n’est pas évident non plus.” explique Audrey, qui était en situation d’obésité morbide (le stade le plus avancé de l’obésité).
“Les nouvelles contraintes alimentaires liées au montage chirurgical peuvent parfois générer de l’anxiété, comme de ne pas perdre assez de poids, de ne plus en perdre du tout avec en toile de fond la terreur d’en reprendre. Cette crainte est largement répandue chez les patients opérés.” écrit le Dr Machaux-Tholliez, psychologue.
Et dans certains cas, l’obsession vire au trouble du comportement alimentaire. “Certains vont se faire vomir, d’autres faire du sport à outrance”, alerte le Dr Zermati.
Un corps carapace

Pourtant, même si elle est souhaitée depuis longtemps, la perte de poids est psychologiquement difficile.
“La représentation du schéma corporel est totalement bousculée. La perte de poids est rapide, le psychisme n’a pas le temps de s’adapter. Pendant trois ans, je n’ai pas arrêté de changer de taille de vêtements. J’ai toujours du 42 dans mon armoire alors que je fais du 36. Je suis partie de 54. J’ai du mal à m’y adapter” raconte Daniela Delion.
Pour le Dr Machaux-Tholliez, “On peut craindre, en effet, en l’absence d’un travail psychothérapeutique préalable, un effet négatif de la perte de poids sur la situation psychologique.”
“Les conséquences psychologiques les plus dures c’est de ne pas se voir avec les kilos en moins. Je me vois toujours avec “mes airs bags fessier”. Mais je redécouvre le plaisir de faire les boutiques avec ma fille, même si j’ai toujours tendance à me diriger vers les grandes tailles.” explique Pascale Hermann.
Certains patients vont même jusqu’à regretter ce “ventre carapace, cette protection, cette bouée” ajoute Anne-Sophie Joly, présidente du comité national des associations d’obèses.
“En fait nos kilos en trop nous faisaient une carapace et là on se retrouve à nu avec une nouvelle carapace à reconstruire, résume Sandrine, qui a perdu 53kg en quelques mois. Une confiance en soi à reprendre, c’est bien cela le plus dur !”
“La personne obèse fuit les objectifs des appareils photo et des caméras : “Hors de la maison les miroirs corps entiers !”. Le Docteur Maxime Sodji observe lors des entretiens “un véritable déni du corps, souvent habillé en noir, contrastant avec un joli visage maquillé”.
Un rapport aux autres bouleversé

Le regard des autres, les nouvelles relations peuvent déstabiliser plus d’un.
Les personnes opérées se “resexualisent”, souligne le Dr Zermati, médecin nutritionniste et psychothérapeute. “Parce qu’on les regarde différemment, avec plus de désir, ça les panique.
D’autant que dans les obésités sévères, il y a souvent dans les antécédents des abus sexuels et donc l’obésité protège du regard des hommes.”
La dépression post-chirurgie

Un grand nombre d’obèses ont fait part d’une amélioration de leur moral et de leur estime de soi après la chirurgie, mais une petite minorité a souffert d’une aggravation de la dépression et des troubles alimentaires.
La chirurgie bariatrique induit un risque important de dépression, parce que c’est une chirurgie invasive, lourde, ayant des conséquences tant au niveau de l’image du corps, que dans la manière de s’alimenter, dans la sphère relationnelle et dans le rapport à soi.
Pour d’autres, un pontage digestif pourrait affecter le niveau des hormones et des neurotransmetteurs dans les intestins qui jouent un rôle important pour réguler l’humeur et l’appétit.
De fait, tous les chirurgiens décrivent des suites opératoires en trois phases. La première, baptisée la lune de miel : elle dure deux ans, tout va bien, la personne perd beaucoup de poids. Ensuite, entre deux et six ans, la personne va reprendre, un peu, 10 kilos en moyenne, les recommandations alimentaires sont moins respectées, les troubles alimentaires réapparaissent. Et la dernière, où beaucoup d’opérés disparaissent dans la nature.
Même si la perte de poids entraine dans la première phase une amélioration de l’image de l’estime de soi, elle peut conduire, plus tard à une dégradation de l’humeur, voire à la dépression.
Plus la perte de poids est importante et rapide, plus le patient risque de déprimer. Une chute de moral liée notamment à un effet métabolique. Quand un patient perd du poids, la graisse se transforme en corps cétoniques qui passent dans le sang. Le cerveau se shoote aux corps cétoniques. Cela crée une euphorie. C’est la période de la “lune de miel”.
Autre phénomène : pendant cette période de régime sévère, toute l’attention est focalisée sur le poids. Tous les autres problèmes sont mis entre parenthèses. Mais ils réapparaissent une fois l’obsession de la balance terminée.
De plus, après une chirurgie de l’obésité, les problèmes psychologiques et relationnels, que l’on se masquait en mangeant, sont plus que jamais présents du fait qu’on ne recourt plus à ce système de défense.
Le risque de tentatives de suicide
Dans certains cas, les conséquences psychologiques de la chirurgie bariatrique peuvent être tragiques. Les personnes obèses ayant subi une chirurgie bariatrique ont 50% de probabilité en plus de faire une tentative de suicide qu’avant l’intervention, selon une étude publiée dans la revue médicale américaine JAMA Surgery, le 7 octobre 2015. Cette étude a été menée sur 8 815 personnes ayant subi une chirurgie entre 2006 et 2011, suivies pendant six ans en Otario, au Canada.
158 tentatives de suicides ont été enregistrées, par 111 personnes. Un tiers a eu lieu avant l’opération, les 2/3 restants dans les trois ans l’ayant suivi. Soit un accroissement de 50% du risque. Mais les résultats sont à nuancer. Les auteurs ont constaté que la majorité des tentatives de suicide ont été commises par des personnes ayant souffert de troubles mentaux dans le passé. De précédentes études avaient déjà montré que les suicides étaient nettement plus fréquents chez les personnes ayant subi cette opération que dans le reste de la population. Elles n’avaient pas déterminé si cela résultait de l’intervention elle-même ou du taux élevé de problèmes mentaux liés à l’obésité.
Une prise en charge psychologique plus que nécessaire
Le suicide
Les chercheurs canadiens de l’étude parue dans la revue JAMA Surgery ont souligné que les tentatives de suicide se sont produites pour la plupart entre les deuxième et troisième années après l’opération. Ce qui montre la nécessité d’un suivi plus long de ces patients.
La Haute autorité de santé (HAS) recommande un suivi pluridisciplinaire, post-intervention, de six mois minimum. Les patients doivent être vus au moins quatre fois la première année, puis au minimum une à deux fois par an tout au long de la vie du patient, quelque soit la technique utilisée. Pour Maxime Sodji, chirurgien à Limoges. “Les patients sont très informés, ce qui est décisif, c’est le suivi postopératoire.”
Un suivi non respecté

D’après une enquête menée par la Caisse nationale de l’Assurance-maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) en 2002–2003, ce suivi n’est pas respecté pour 53% des patients.
Les répercussions psychologiques liées à la chirurgie sont trop rarement prises en compte. En France, bien que le suivi psychologique ne soit pas respecté dans tous les établissements pratiquant la chirurgie bariatrique, on veille normalement à accompagner les patients dans la phase pré-opératoire pour les préparer au mieux à ces bouleversements.
En revanche, il est très difficile de proposer un suivi psychologique à long terme, car une fois que les patients constatent une perte de poids, ils ont du mal à s’astreindre à un suivi régulier, tant médical que psychologique. Leur demande initiale est la perte de poids, la majorité d’entre eux n’opère pas de lien entre leur rapport à l’alimentation ou leur rapport au corps et leur état psychologique. Ils n’estiment donc pas nécessaire d’entreprendre une psychothérapie, ou au minimum un suivi psychologique régulier.
L’importance de l’évaluation pré-opératoire
Mais avant l’opération, une évaluation psychologique et psychiatrique est nécessaire. Il faut s’assurer qu’il n’y a aucun risque d’alcoolisation ou de toxicomanie vis-à-vis de médicaments ou de substances illicites. Ces addictions risquent de persister après la chirurgie.
De plus, les patients qui ont une pathologie psychiatrique non-stabilisée sont une contre-indication à la chirurgie bariatrique, selon le Dr Sébastien Czernichow, médecin nutritionniste.
Il est important dans le parcours d’un patient de déceler les causes de la prise de poids. La dimension psychologique est toujours présente dans l’histoire d’une prise de poids (deuil, divorce, abandon, maltraitance infantile, stress non assumé, etc) que ce soit dans les causes ou dans les conséquences. Il existe de multiples causes menant à l’obésité, mais aucune ne peut l’expliquer à elle seule.
Il s’agira donc de se pencher sur les causes de l’obésité du patient, mais aussi sur son comportement alimentaire et identifier ses motivations et attentes. Ce travail en amont permet d’anticiper les changements liés à l’image du corps, se préparer aux changements sociaux induits par l’amaigrissement. L’aspect pluridisciplinaire de cette prise en charge est primordial. Ce travail se fait avec une équipe médicale composée de chirurgiens, de psychiatres, de psychologues et de nutritionnistes.
Les communautés internet, un soutien utile

Parallèlement au suivi médical, il est important pour les opérés de se sentir compris. Ainsi, internet et notamment Youtube et les blogs tiennent une place importante. De plus en plus de femmes et d’hommes parlent de leur expérience. Ils partagent tout avec leur abonnés : les difficultés, l’évolution du poids, les complications, la reprise de poids, les repas. Ils se confient sur leur vie sociale, sur leurs doutes, leurs peurs, leurs regrets, leurs rapports avec leur entourage, etc.

Ces blogs permettent aux opérés de se reconnaître dans l’expérience des autres, de voir qu’ils ne sont pas seuls à vivre certaines épreuves, que les difficultés sont normales. Une véritable entraide se crée. On peut souvent assister à des discussions dans les commentaires des vidéos ou des blogs, à une entraide et à un soutien mutuel, essentiel dans le parcours.
Les bloggeurs n’hésitent pas à donner des conseils à se livrer, à se confier. La verbalisation des histoire de vie est importante, afin d’extérioriser les ressentis.

L’art-thérapie, l’exemple Dame Ô

La prise en charge psychologique, nous l’avons vu, peut prendre différentes formes. Elle peut être médicale, provenir d’initiatives personnelles. Mais elle peut aussi être artistique. C’est l’art-thérapie.
La pièce de théâtre Dame Ô, pour Dame obésité en est un bon exemple. La pièce a été montée à l’initiative du Dr Maxime Sodji, chirurgien digestif à la Clinique des Emailleurs de Limoges. Elle traite de l’obésité, sous l’angle de la chirurgie bariatrique, au travers d’anecdotes de patients opérés.

La sensibilisation du grand public aux problèmes rencontrés par les obèses et aux possibilités qu’offre la chirurgie de l’obésité est le cœur du sujet de cette pièce. Le texte s’adresse à tous ceux qui ont déjà subi une intervention, mais aussi à ceux qui l’envisagent et à tout leur entourage ainsi qu’à ceux qui s’intéressent de près ou de loin à cette chirurgie en plein essor.
Son écriture est issue d’ateliers de théâtro-thérapie menés auprès de patients et donc d’anecdotes réelles. Pendant deux ans, des ateliers d’écriture sont organisés deux fois par mois. Ils ont été des lieux privilégiés de rencontre entre soignant et soigné. “Pas de médecine, ni de blouse, ni de balance.”
“Un lieu de découverte de l’autre, de proximité qui a permis de délivrer les soignés de leur maladie et de libérer leur créativité”, écrit le Dr Maxime Sodji.
Les anecdotes ont ensuite été retravaillées par des auteurs de théâtre et mises en scène.

Les ateliers ont été ouverts à tous les opérés. Fait significatif, les récents opérés sont beaucoup plus nombreux que les anciens. Le taux de “perdus de vue” en chirurgie est élevé.
Mais l’ambiance de travail a fait coexister les déçus et les euphoriques de la chirurgie, ce qui est un exploit pour le chirurgien. “En pratiquant cette activité artistique, ils sont devenus actifs en oubliant leur maladie”. Ces groupes de parole et l’écriture de la pièce de théâtre permettent de traiter les problèmes de confiance, de sociabilisation, de prise de parole en public et les problèmes de relation.
“Ces ateliers ont été pour certains une occasion de verbaliser leur mal-être, leurs affects douloureux et beaucoup de non-dits”.
Il y a dans cette initiative, une volonté d’oublier la traditionnelle relation paternaliste soignant-soigné, de laisser une place à “la parole qui soulage” et à l’art qui modifie la manière dont les patients perçoivent l’hôpital, leur maladie et leur vie.
L’objectif du chirurgien dans cette démarche est de “provoquer une alliance thérapeutique positive pour la prise en charge chirurgicale d’une maladie dont les causes ou les conséquences peuvent-être émotionnelles et/ou psychologiques”.
Pour le Dr Maxime Sodji, le corps médical doit rester modeste vis à vis de l’obésité et surtout, le patient doit devenir co-auteur du traitement, “enfin l’art et l’obésité peuvent faire alliance”.
“Je suis persuadé que les exploits de la médecine et de la chirurgie sont vains si la société ne change pas son regard sur la personne obèse.”
Mettre des mots sur des maux

“L’art a souvent mis en valeur la personne obèse. Les maigres étaient moins représentés dans tous les domaines artistiques. Voilà que l’art vient encore au secours de l’obésité par l’art-thérapie”.
L’objectif est aussi de “mettre des mots sur ses maux”, afin d’entrainer une prise de conscience de ses problèmes, pour mieux les traiter.
La thérapie par le théâtre, mais aussi par la poésie. Le Docteur Maxime Sodji a publié un livre, co-écrit avec des opérés, Le poids des mots. Le livre traite de l’obésité, de la chirurgie et laisse une place importante à l’art-thérapie, utilisée par le Dr Maxime Sodji. Il contient des poèmes écrits par des patients opérés, parfois de peintures.
“En poésie thérapie, l’idée de départ était qu’ils écrivent un poème avant la chirurgie, puis un autre lors de l’amaigrissement et un dernier à la fin. Mais le temps de l’amaigrissement est très long et parfois infini. C’est pourquoi l’exploit d’un poème nous a suffi pour ce premier projet.”
Ces formes d’art permettent une introspection, un face-à-face avec leur “moi” que certains fuyaient, une identification de leurs souffrances schématisées en mots, en traits, en couleurs, et un jeu de rôle qu’on veut les aider à gagner.
“La chirurgie par le verbe n’existe pas, mais la chirurgie avec le verbe sont deux versants de la thérapeutique à laquelle je crois. La parole du patient pendant la chirurgie n’est pas possible, l’anesthésie rend muet. Mais la parole d’avant et d’après la chirurgie est importante et constitue la clé du succès.”
Pour le Docteur Maxime Sodji, l’important est de mettre le patient au cœur du processus.
“Le patient doit considérer la chirurgie comme un outil et se rappeler qu’il est le co-auteur de son résultat”.
Changer le regard de la société

L‘art thérapie a aussi pour ambition de faire changer le regard des autres sur l’obésité et sur les obèses, trop souvent stigmatisés.
“L’obésité est avant tout un état de mal-être dans un environnement hostile. Je suis persuadé que les exploits de la médecine et de la chirurgie sont vains si la société ne change pas son regard sur la personne obèse”.
“À vrai dire, la médecine ne suffit plus pour la prise en charge de l’obésité, la maladie étant individuelle et collective.” Pour le Docteur Maxime Sodji, “La nouvelle médecine de l’obésité ne doit pas chercher seulement à faire maigrir mais à installer une prise en charge globale de la personne obèse dans son milieu et dans la société qui doit changer son regard sur la personne obèse”.
ObesitChirurgiePsychologieAlcoolisme
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ANOUK



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MessagePosté le: Jeu Mai 31, 2018 6:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci, d'où l'importance du suivi comme vous nous le répétez tant, vous opérez notre ventre pas notre cerveau..
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MélanieF



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MessagePosté le: Jeu Mai 31, 2018 8:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Très intéressant et bon groupe de parole demain
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